[On ne va nulle part; ou plutôt, on fonce dans l'mur. On fume, on boit, on baise, on mange n'importe quoi, n'importe quand. Nos nez sont des aspirateurs, et nos bouches accueillent toutes sortes de MST. On fait la teuf, sans arrêt, même quand nos corps ne nous le permettent plus, même quand nos visages épousent les pavés et que nos oreilles trempent dans la gerbe. On pourrait croire que c'est de la bêtise, et s'en est d'autant plus que nos actes sont tous plus réfléchis les uns que les autres. Les études? Au fond, on déteste ça, mais on se force tout de même à faire le minimum car le gouvernement actuel ne nous permet pas de vivre sans avoir suivi une scolarité des plus ambitieuse. Alors on gueule contre le gouvernement, comme des cons. On se sent maitre du monde en criant "Anarchie" et en imaginant changer les choses en allant se faire gazer en manifestation. Puis un beau jour on réfléchie, et on se dit "et si toutes ces tentatives de changement ne menaient à rien?". Prise de conscience certes, mais prise de conscience un peu tardive, car entre temps on a eu le temps de merder ses études et de finir alcoolique. Alors on déprime, et on s'enfonce encore plus dans notre merde. On s'imagine que l'alcool fait oublier...OUI, oublier d'être heureux et de devenir quelqu'un. Alors on consomme, "VODKA S'IL VOUS PLAIT". Bien évidemment on abuse, alors un détour aux chiottes s'impose. Et là, comatant sur la cuvette, on se rend une fois de plus compte que tout cela ne rime à rien. Alors, avec une logique imparable, on recommande une vodka frappée, en ne manquant pas d'insulter le barman qui nous avait conseillé 5 minutes auparavant, voyant notre état pathétique, de ne plus boire. On accoste n'importe qui, n'importe quoi parfois même. Puis on accoste une belle créature. On baise. Où? Cela importe peu, du moment où aucune position n'est épargnée, et que le taux de testostérone au bord de l'éclatement baisse un peu. Le lendemain, on se réveille avec un mal de crane monumental, mais surtout avec une capote usagée au pied du lit, et un spécimen des plus alléchant à coté de soi. On fait connaissance autour d'un café plutôt corsé. "QUOI? Tu m'parles d'amour? Fous-moi le camp avant que je botte ton gros cul!". Étrangement, la créature de rêve n'en est plus une quand elle devient sérieuse. Ah, l'Amour. L'amour? On ne le connaît pas, mais bizarrement, lui nous connait. Je crois qu'on l'esquive, par crainte peut être, ou tout simplement par bêtise. Il nous fait peur, mais nous fait rêver en même temps. Oh, on l'a bien rencontré quelques fois, mais il ne nous paraissait pas très bavard, même un peu hautain. Alors, on préfère l'imaginer, histoire de ne pas être déçu. Puis un beau jour...Tintintin, on s'attache! Peut être que ce jour n'est pas si beau, mais vu qu'on s'attache, la niaiserie prend le dessus! On vit un truc formidable, avec la personne qu'on considère [avant même d'être avec elle!] déjà comme notre "âme soeur". Ridicule. Une fois de plus, on tombe de bien haut, et on se brise en quelques morceaux. Et merde, on est déjà mort plusieurs fois en voulant y croire, une vie de plus, une vie de moins, cela n'est plus un problème. Alors le cycle infernal reprend, et nous force à baiser tout ce qui bouge. Quoi? Une vulve, une queue? Ça reste de la viande.]
